Libération, publié le 27/03/2021
La plateforme s’est engagée à cofinancer la restauration du film d’Abel Gance pour un montant gardé secret. Une opération qui révèle la difficulté du cinéma patrimonial à mobiliser les dotations publiques.
Hier encore, Netflix était désigné comme le fossoyeur du cinéma français. Aujourd’hui, l’empereur hégémonique de l’audiovisuel mondial cofinance pour un montant secret (c’est la charte des mécènes de la Cinémathèque française qui l’impose) la reconstruction de Napoléon d’Abel Gance, chef-d’œuvre muet de 1927. En joignant ses efforts à ceux du CNC, qui subventionne à hauteur de 650 000 euros, et à la Fondation Napoléon, la plateforme formalise son opération séduction sur le terrain du patrimoine, après l’acquisition retentissante de catalogues d’auteurs en 2020 (Truffaut, Demy. Chabrol, Sautet…), ainsi qu’un rapprochement avec la Cinémathèque amorcé par les avant-premières de The Irish Man de Scorsese et de Mank de David Fincher.
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